RIVER OF NO RETURN
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Cet après midi, le ciel s’est enfin dégagé. Après cet hiver trop long, mettre mes pieds dans la rivière devenait vital. J’entassais à toute vitesse mes affaires dans la bagnole et le plus vite possible pris la route. Deux fois j’ai dû rebrousser chemin. La première parce que j’avais oublié mon moulinet. La seconde, j’avais laissé mes chaussures de wading dans la grange.

A chaque fois, ma femme me regardait faire demi-tour sur le gravier de la cour, avec son merveilleux sourire qui disait “mon pauvre chéri ! “. Et puis finalement  j’ai réussi à aller plus loin que la boulangerie du village et, presque toute seule, la voiture s’est garée à deux pas de MA rivière : la Beaume. D’accord, j’aurais pu atteindre des endroits plus poissonneux sur la route de Valgorge, descendre dans des gours sombres et attendre comme un héron qu’une truite vienne gober un de ces trucs dont, bien sûr j’aurais oublié l’imitation à la maison. Une autre fois !

Aujourd’hui, je veux seulement mettre mes pieds dans l’eau et sentir la force du courant contre mes cuisses.[English]Et tant pis si des vacanciers jettent des cailloux dans la rivière et tant pis si des canoës font fuir les pauvres chevesnes, je sens l’eau. Cette odeur si spéciale. Je la touche et la caresse cette flotte et tout d’un coup je suis transporté dans le temps. C’était il y a trois ans. Au même endroit. Là exactement ! Mon ami Oli était passé me voir en Ardèche. L’allait pas folichon mon pauvre copain. La saleté de maladie gagnait du terrain. Mais Oli insistait pour pêcher avec moi ce jour là.

Et c’est donc à cet endroit précis que je l’avais amené. Facile d’accès. Il n’y avais pas à cavaler sur des rochers glissants. Mon copain avait nénmoins du mal  à garder son équilibre. Mais putain de Dieu, il voulait encore une fois pêcher, le lascar. Rien qu’une fois. N’importe quoi. Et le miracle eut lieu. Il posa sa mouche en bordure, là ou l’eau était plus calme et un petit gardon se laissa prendre. La tête qu’Oli fit à ce moment, je suis pas prêt de l’oublier. Un soleil. Un tarpon de 200 livres n’aurait pas produit de plus bel effet sur mon ami.

Peu de temps après, Oli nous quittait pour les eaux poissonneuses du Paradis. Heureusement je garde l’image de cet incroyable sourire d’enfant. Qu’est ce qu’il était beau cet enfoiré et qu’est ce qu’il nous manque !

This afternoon, finaly the sky cleared up. After this long winter, dragging my feet in the river became vital. In a hurry i packed my fishing stuff  in the car and flew away. Twice i had to go back home. First, i had forgot my reel. The second time it was my wading shoes thet i had left in the barn.

Each time my wife watched me backing up in the court yard with her marvellous smile that said ” my poor lovey ! “. Then finaly i was able to drive past the bakery of our village and , almost by herself, my car parked next to MY river: La Beaume.. O.K , i could have driven longer to  reach fishy spots on the route of Valgorge, climb down those cliffs and wait like a heron for an allusive trout  to sip that thing i’m sure i didn’t have the right imitation in my fly box anyway ! Another time !

Today; i just want to put my feet in the water, feeling the force of the current on my thighs and too bad if some tourists are throwing stones in the river, too bad if the hoard of kayaks are spooking the rare fish. I smell the water. That special smell ! I touch and carress my water and suddenly, i’m carried back in time.

Three years ago. That precise spot. Exactly right there. My good friend Oli was spending few days with us, in the Ardeche. Not feeling too well my poor buddy. That fucking illness was slowly winning but Oli insisted on fishing with me that day. And it was right at this section of the river that i brought him. Easy access, didn’t have to run on slippery rocks. Oli was having trouble keeping his equilibrium. But fuck it, he wanted so badly to fish another time, that bastard ! Only once ! Anything ! And the miracle happened.

He landed his fly on the edge of the river, close to the bank where the water flow is calmer and a little fish got tempted. Oli’s face at that moment, i’m not ready to forget it !. Sunshine ! A 200 pounds tarpon would not have produced a better effect on my friend. A few months later, Oli left us for better fishing in Heaven’s water. Thankfully i keep the memory of that incredible smile of a child that was his. He was so gorgeous that fucker and we miss him so much !