FISHING, BROOKLYN STYLE.
0 votes, 0.00 avg. rating (0% score)

Très bien, je vous l’accorde, il ne s’agit pas là d’une pêche de puristes. Oubliez les cannes de chez Thomas et Thomas. Oubliez les mouches délicates aux noms ésotériques. Oubliez le No-Kill. Aujourd’hui, on vous emmène sur le quai de l’East River, vers le Nord de la sixième rue, quartier de Williamsburg, à Brooklyn. Là, presque tous les jours, une équipe d’aficionados se retrouve pour mettre “The bacon on the table” autrement dit : “Pêcher le casse-dalle”, avec Manhattan comme somptueuse toile de fond.

Tout le petit peuple de Brooklyn y est représenté. Des familles entières de latinos, gamins braillards, bonnes femmes souriantes et grassouillettes, mecs aux ratiches en plaqué or qui vous éblouissent au soleil. Tous armés de seaux en plastique, de cannes à pêche datant de la révolution, tous fiers de vous montrer leurs prises du jour. Des blacks  aux rires contagieux lorsqu’ils mettent un “snapper” au sec sur le quai. Des Polonais qui disent des choses dans une langue baroque pleine de “Z” et de “CH”, et ne parlent pas un mot d’anglais. Roberto, mon pote Portoricain me raconte cette pêche. Il a 70 ans passés et ça fait plus de 30 ans qu’il pêche tant et plus sur cette rive. Des tones qu’il en a sorti de la rivière. Des bluefish l’été quand l’eau se réchauffe. Puis, lorsque le temps tourne à la fraîcheur, c’est le moment des stripped bass, sans oublier les “ flukes”, les “ flounders”, les “ blackfishs”et les “snappers” qui font de si bonnes fritures.

Le Roberto, il peut pas s’arrêter de me raconter sa vie sur cette rivière. Il a toujours vécu ici. Même quand le quartier était un coupe-gorge et que vous pouviez acheter un building pour 3000 $. Personne n’en voulait de ces pièges à rats. Trois, qu’il en a acheté à cette époque. Quel nez creux ! Aujourd’hui, le quartier a le vent en poupe et notre homme est millionaire. “Faut bien travailler un peu pour pas se faire chier mais la pêche c’est tous les jours que la madone fait ! Et j’amène mes petits-enfants avec moi, il n’y a pas de meilleure école qu’ici . Au moins font pas de conneries dans la rue avec les gangs. Tiens, Flèche, le plus gros poisson que j’ai chopé de ce quai, c’est un bluefish de 25 kilos. Il faisait quatre pieds de haut. Regarde mes mains, toutes les crevasses que le nylon à laissé !. C’est ça la pêche à Brooklyn !”

(english text)

Well, i’ll concede, it’s not a ” purist’s fishing game “. Forget Thomas and Thomas fly rods. Forget those delicate flies with esotheric names. Forget “No Kill”. Today we’ll take you to the East River, North 6th street in Williamsburg, Brooklyn. There, almost every day, a gang of crazy fishermen are meeting to put “The bacon on the table” with Manhattan as a fantastic back drop. Every Brooklyn ethnic group is present on that pier. Whole Latino families, loud kids, smiley chubby mamas, macho guys with blinding gold teeth. Armed with plastic buckets, fishing rods dating from the revolution, all proud to exhibit their catch of the day. A bunch of black guys with infectious laughs when they land a little snapper. Polish people who say stuff in their barocco language fill with “Z’s” and “CH’s” and don’t speak a word of English…

Roberto, my Puerto Rican buddy recounts his fishing life out there. He is almost 70 and has fished here for more than 30 years. Landed tons of fish. Blues in summer when the water temperature is warm. Then , when it starts to cool down, it’s stripped bass territory without missing the flukes, flounders, blackfish and those snappers,  so delicious when fried. Roberto cannot stop talking about the great life he has on that river. Always lived here. Even when the neighborhood was such a rough place and one could buy a building for $ 3000. Nobody would dare live here. Roberto bought 3 houses ! What a shrewd guy !

Today Williamsburg is a trendy place and our man is a wealthy  fellow. “A guy’s got to work a little bit, not to get bored, but fishing…almost every day ! And i take my little kids with me. No better school ! At least they don’t get into trouble in the street with all these gangs.” “Listen, Fleche, the biggest fish i caught right here was a blue weighting 50 pounds. Four feet high ! Look at all the scars the fishing line carved on my fingers!”

That’s fishin’ Brooklyn style!