Certains on déjà lu cette histoire, nous l’avions mise en ligne il y a bien longtemps, au « débuts » du Mouching, et puis nous l’avons ressortie, Flèche à changé les dessisn et elle a été traduite pour que nos amis anglo saxons puissent en profiter eux aussi ! Bonne Année à tous ! le mouching, fly fishing, MEERPrendre, de Brooklyn, la ligne de métro “L” jusqu’à « Union square « , à Manhattan. Puis changer de ligne et descendre sur la 110ème rue, au  Nord de Central Park.
Là, on découvre ce petit lac, le Harlem Meer, cette grande baignoire au bord de Spanish Harlem.
Bien sûr que j’ai emporté ma canne à mouche et ma boîte de cachous remplie de nymphes.
Après avoir monté mon arme, je fais le tour du Lac. D’autres “pêcheurs” sont là. Tous ne pêchent pas, bien sûr. Beaucoup sont assis sur les bancs, blaguent, mangent des hot-dogs, donnent des miettes de sandwich aux canards et au cygnes, se font réchauffer au soleil d’Automne.le mouching, fly fishing, park
Pedro est la aussi. Ca fait si longtemps que je ne l’ai pas vu, l’animal !
GUIDE DE PECHE A CENTRAL PARK…ca ne s’invente pas. Et pourtant, le  Pedro, ça fait 25 ans qu’il trempe son fil dans le “Harlem Meer ”. Il est  content de me revoir et moi aussi.
– Ca fail un bail que je ne t’ai pas vu, Frenchy… où  t’étais passé ? “ “I
– En France, mon ami. comme chaque année..6 mois ici et 6 mois là bas !
–  Sacré enfoiré !…et c’est comment la pêche dans ton pays ?
– Pas trop mal  !  mais moins folklorique qu’ici ? ça, je te le jure ! Et toi Pedro, tu fais toujours le guide en été sur la Salmon River, près  du Canada ?
– Ne me parle pas de ça, frenchy.. Mon dos me fait des misères, je peux plus  courir après les saumons et les steelheads de l’Ontario ! Me suis fais  opéré, mais ça change pas grand chose, je ne suis plus qu’un vieux bout de gras !
– Et dis-moi, je ne vois pas Ernesto. Il pêche plus ?
– Il est retourne en cabane…pour 6 mois. Un type  voulait gifler sa mère. Ernesto lui a fracassé le crâne avec une batte de base-ball.
Faut dire que Pedro remplis sur ce lac, depuis 25 ans le rôle de guide de pêche et d’assistante sociale. Le nombre de jeunes que ce bon samaritain a essayé de sortir de la rue, pris sous son aile et fait découvrir autre chose que la “dope” et la machette, est considérable.
Faudrait élever une statue à la gloire de Pedro, ce gros portoricain  black, toujours transportant sa canne a mouche et des tonnes de boites  contenant ses trésors totalement inutiles à Central  Park, comme des mouches à Saumon, des mouches à bonefish, des mouches à steelhead, tout ses joujoux qu’il adore montrer comme des perles rares…Et un sourire….et une gentillesse..Le mouching, fly fishing, pêcheur
– Hey Flèche, t’as toujours tes nymphes miracles, celles avec les petites ailes blanches ?
– Quoi…Pedro… tu te souviens de ces petites saloperies ressemblant à des crottes de nez ?
– Of course….tellement attractives, ces « Prince nymphes « . Tiens, prend celle-là…je viens juste de la monter, celle là. C’est mon invention…Tu vas être épaté.”
– Mmm je ne peux pas attendre….bon, je vais aller voir derrière l’île. Sont toujours là, les chinois avec leurs cuillères mortelles ?
–  S’ils sont là, t’emmerde pas… va plutôt pêcher sur la rampe, en face de la patinoire ou même à coté de la boutique de hot-dog. Personne n’y va dans ce coin là. Motus et bouche cousue, hein ?
Voila le genre. C’est ça le “Harlem Meer”, ça ne ressemble à… rien.
Pendant ce temps là, des hérons très peu sauvages, viennent mendier de quoi remplir leurs estomacs d’obèses, des groupes de gars du quartier s’entrainent au karaté sur les pelouses bordant le lac, observés par les  “bad guys” de la prison d’en face, profitant de leurs temps de promenade derrière les barbelés sur le toit du bâtiment.
Et puis ce type incroyable, un Cubain qui passe ses journées à faire le  tour du lac en vélo sur lequel il a attaché une radio diffusant à fond les derniers tubes “salsa”. En plus, sa bécane est ornée d’un fatras de  drapeaux cubains et d’autres bimbeloteries les plus criardes et  clinquantes. Et il chante, le bougre, ou plutôt, il hurle un tube de Tito  Puente “Machito forever”.
C’est  TELLEMENT BON !Le mouching, fly fishing, école
Et maintenant, les choses sérieuses. J’attache une nymphe au bout de mon  bas de ligne et hop, c’est parti. Et ça n’attend pas longtemps. Une perche soleil… et puis une autre… et  encore une ! Faut dire que ce lac est “en principe “ une réserve NO KILL et malgré le  nombre de types qui trempent leur fil la dedans, il y a du  poisson.
Bon d’accord…pas des monstres ou des poissons “nobles”, mais  suffisamment pour que les gamins de Harlem passent du bon temps. Même que les gardes du lac leur fournissent gratos, des cannes à pêche avec tout ce qu’il faut pour que ces gosses se nettoient la cervelle dans la “nature”. Ils leur enseignent également à remettre leur capture dans le  lac. Splendide, non
!!
Une bande de jeunes élèves de l’école d’à coté, passent derrière moi et  une petite black, belle comme un cœur me demande, narquoise: ”Et alors…ça mord, M’sieurs? ” Je lui réponds: ”Il y a pas cinq minutes , j’ai chopé un requin blanc. bon, pas un très gros, mais quand même !”
Les gamines se bidonnent. Moi aussi. Elles continuent leur chemin  et je les vois disparaître dans le Park  avec leurs petits uniformes bleus et blanc.
Et ce cinglé de Cubain qui en remet une couche avec ”Hong Kong mambo” à fond les manettes. Va me faire pleurer de plaisir, cet abruti…
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