La première fois, que j’en ai vu une, c’était sur le pont de Montrozier, on remontait avec Jean-Marc de la pêche aux goujons, on avait pataugé avec nos chaussures en plastique pendant des heures et on avait rempli un plein panier de vairons et de goujons, notre fierté. On était remonté sur la route avec nos cannes en bambou sur l’épaule, à la taille, un panier en plastique vert qui imitait parfaitement l’osier. Et puis on l’a vu passer au pied du Chateau, puis prendre le tournant des Rives, pour enfin passer à notre hauteur, son moteur faisait un bruit comme celui d’une deux chevaux, au volant Jojo Majorel/ et sa grosse moustache nous salua en passant à notre hauteur, on était fier, Jean Marc m’a regardé et d’un air entendu a dit: C’est une Ami 8 ! Nous avions 8 ans.ami8

Plus tard, des années plus tard, je travaillais comme bûcheron avec Jean-Louis, il en avait une et nous étions descendu de Paris, c’était bien avant l’autoroute, les virages de l’Alagnon, de l’Aubrac, du Lot, s’attaquaient à toutes berzingue et la voiture semblait comme aimantée au goudron alors que nous étions penchés comme à la chenille de la fête foraine, une auto formidable, l’Ami 8.

Là vous avez les deux Citroen, l’Ami 6 et l’Ami 8, déjà la 8 était destinée aux pêcheurs !