Des livres, et encore des livres, à part votre matériel de pêche, il n’y en a que pour les livres !

le coeur sauvageImpossible de ne pas vous parler de Robin MacArthur et de son recueil de nouvelles Le coeur sauvage. Un vrai pur bonheur. Drs nouvelles magnifiques, toutes situées dans l’Etat du Vermont – la nature y a sa place et la jeune romancière nous propose une série de portraits magnifiques et émouvants de ses habitants, parfois incapables de quitter ces terres sauvages. La pêche n’est jamais loin, comme les rivières où se baignent certains personnages. Rarement un recueil ne m’aura autant touché !

 » Je ne veux pas descendre à la rivière avec ma mère. Et pas non plus vivre à seize ans dans ce no man’s land aux forêts mi-résineuses mi-caduques du Nord-Est américain où nous sommes nées toutes les deux : soixante-cinq kilomètres carrés de routes et de rivières qui se croisent à angle droit, d’exploitations agricoles en faillite et de crêtes rocheuses. Peuplés de fantômes, d’animaux et de femmes seules. « 
Bûcherons, fermiers, vieux hippies, jeunes artistes ou adolescentes rebelles, les personnages de ces nouvelles vivent à la frontière de la civilisation et du monde sauvage, dans des endroits reculés du Vermont. Tous cherchent à donner un sens à leur solitude et à leurs rêves, au coeur d’une nature à laquelle ils sont, souvent malgré eux, viscéralement liés. L’eau noire et glacée des lacs, l’odeur des champs en juin, la senteur de la résine, les forêts à perte de vue…

un cheval entre dans un bar
Et le grand gagnant du Prix Man Booker International Prize en version Poche de surcroît et donc à un tout petit prix.  Aucune aucune raison de ne pas l’acheter : Un cheval entre dans un bar de David Grossman. 
Dovalé est humoriste. Sur la scène d’un club miteux israélien, il distille des plaisanteries salaces à son public. Au fond de la salle, le juge Avishaï, vieille connaissance du comique, assiste sceptique à la représentation à laquelle il a été convié. Et quand le spectacle dérape, convoquant des blessures de jeunesse, Avishaï comprend que ce soir-là, Dovalé entend bien régler ses comptes avec lui. Entre autres, le jour, où adolescent mal-aimé, exilé dans un camp d’entrainement militaire, le jeune homme apprend que l’un de ses parents décédés et doit prendre la route en ignorant qui est mort…
Un cheval entre dans un bar est un récit vibrant, porté par un souffle dévastateur qui évolue sur une frontière mouvante entre réalité et inconscient, sentiments violents et actes inaboutis, et où l’humour et la dérision infiltrent les épisodes poignants. David Grossman le magicien se fond dans ses personnages, reproduit leurs propos, du plus cru au plus délicat, exhume les souvenirs refoulés. Tient, en somme, la comptabilité des âmes.
J’ai lu des critiques dithyrambiques et d’autres, beaucoup plus mitigées mais l’intrigue me tente trop pour que je passe mon chemin.
dead boys richard langeEncore un recueil de nouvelles, me direz-vous, mais un des plus beaux ! On s’éloigne de la nature pour retrouver la moiteur de Los Angeles mais quel orfèvre des mots que ce Richard Lange ! Son recueil Dead Boys m’a vraiment marqué. Il est disponible en Poche et moi j’ai acheté son dernier recueil qui me brûle les doigts, je n’ose pas le lire car je ne veux pas l’avoir terminé. Un immense talent à découvrir si ce n’est déjà fait !

Dans la touffeur de Los Angeles, immense fourmilière sans âme, des hommes en sursis sont perdus,  » K.O. debout « . Si loin, si proches du paradis hollywoodien, les losers magnifiques de Richard Lange aiment, rêvent, picolent, braquent des banques et se brûlent les ailes et le cœur dans une cité des anges qui n’a jamais si mal porté son nom.

 » Une écriture incandescente qui transforme les Dead Boys de l’Amérique en héros de tragédies silencieuses, façon Raymond Carver.  »
André Clavel, Lire

par le vent pleuréPour ceux qui partent plus tard en vacances, ou alors on la chance de passer par une librairie, le dernier roman traduit en Français de Ron Rash,  Par le vent pleuré sort en toute bonne librairie le 17 août prochain. 
Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle.

1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue.

À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.

« Rash est un conteur envoûtant, qui fait monter avec brio la tension entre le passé et le présent de l’histoire. Une histoire fondée sur le contrôle, le Mal et la nature même du pouvoir, celui de sauver comme celui de tuer. » The Washington Post

Bonnes lectures ! 

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